Retrait de l’arrêté d’interdiction des navires de croisière : ouverture d’un dialogue constructif pour des solutions durables.
Communiqué de Presse Union Maritime 06 (UM06)
Retrait de l’arrêté d’interdiction des navires de croisière : ouverture d’un dialogue constructif pour des solutions durables
Les membres de l’Union Maritime 06 (UM06) remercient le Président de la Métropole pour le retrait de l’arrêté interdisant les navires de croisière, une décision actée lors du conseil portuaire du 7 mars. Cette évolution ouvre la voie à des échanges approfondis et constructifs avec les élus, en réponse aux nouvelles propositions portées par la Métropole.
Des alternatives ambitieuses : transition écologique et contrôles renforcés
L’UM06 a rappelé que la Métropole a signé la Charte Croisière Durable lors du Blue Maritime Summit du 5 décembre 2024. Nous avons demandé au Président de la Métropole de s’impliquer activement pour que cette charte, actuellement en cours de renégociation avec l’État et les compagnies de croisière, fixe des engagements environnementaux encore plus ambitieux.
Dans cette dynamique, nous portons un projet novateur de raccordement électrique en rade de Villefranche, reconnu comme prioritaire par le Président de la Métropole pour la transition énergétique du secteur.
Concernant la proposition de seuil à 2 500 passagers à Villefranche, nous avons souligné que cette limitation entraînera la venue des navires les plus anciens, en pénalisant paradoxalement les unités les plus récentes et les plus performantes sur le plan environnemental, de capacité supérieure à 2 500 passagers. Plutôt que d’imposer une contrainte restrictive, il est essentiel d’adopter une approche pragmatique et incitative, afin d’accompagner la modernisation de la flotte.
Nous demandons également un renforcement des contrôles par les autorités compétentes, notamment via le déploiement de drones pour surveiller les émissions des navires, en conformité avec la nouvelle réglementation méditerranéenne sur la limitation du taux de soufre à 0,1 % dès mai 2025 (Zone SECA).
Une gestion dynamique et innovante des flux touristiques
Depuis 2022, Villefranche est la seule rade à avoir adopté une convention limitant la capacité des navires à 3 500 passagers. L’UM06, qui a contribué à son élaboration, propose d’aller au-delà, avec une gestion dynamique des flux via des outils de géolocalisation. Cette approche, basée sur le principe déjà mise en œuvre à Santorin (8000 pax/j) et Dubrovnik (4000 pax/j), et signée par un accord avec la CLIA (Association Internationale des Compagnies de Croisières), permettrait une meilleure répartition des passagers à terre et éviterait la surfréquentation des sites.
Nous soutenons également une régulation différenciée entre haute et basse saison, afin de concilier respect des habitants, attractivité touristique et soutien à l’économie locale.
Un impact économique essentiel à préserver
Contrairement à certaines idées reçues, les croisiéristes ne se contentent pas d’un simple « stop and go » et génèrent des retombées économiques locales significatives. En 2023, une étude de la CCI de Corse a estimé la dépense moyenne par passager sur Ajaccio à 70 €. Appliqué à Villefranche, cela représente 10 millions d’euros de recettes annuelles, sans compter 1 million d’euros de taxes portuaires pour la régie du port de Nice.
À Nice, la proposition de limiter les navires à 450 passagers est économiquement inadaptée. Le port de Nice, à l’image de Monaco, est conçu pour accueillir des unités de petite et moyenne taille, à fort pouvoir d’achat, sans impact négatif sur le quartier.
Plutôt que des restrictions arbitraires, nous préconisons une approche fondée sur un tourisme sélectif, en privilégiant les navires respectant la Charte Croisière Durable et en développant les escales en tête de ligne.
Grâce à sa nouvelle gare maritime croisière, Nice doit conforter sa position sur ce segment stratégique. L’UM06 propose que ces orientations soient analysées et validées par un Conseil de Développement, dont le principe de création a été validé par le Président de la Métropole en conseil portuaire.
Vers une concertation élargie et un moratoire en 2025
Aucune décision n’a été validée lors du conseil portuaire, mais l’UM06 a proposé une méthodologie de concertation à court terme entre acteurs économiques et élus.
Nous demandons la mise en place d’un moratoire en 2025, permettant de :
- Réaliser une étude de marché sur les navires fréquentant le littoral métropolitain.
- Évaluer avec précision les retombées économiques de la croisière.
- Mener une étude environnementale rigoureuse, réalisée par Atmosud, sur les navires conformes à la Charte Croisière Durable, plutôt que sur des données incomplètes ou obsolètes.
L’UM06 ne peut accepter que les seules décisions soient prises sur la base de seuils arbitraires et souhaite s’engager avec sérieux dans cette concertation.
Nous appelons à une conclusion rapide d’un accord équilibré, car l’incertitude actuelle, combinée à d’éventuelles décisions unilatérales, risque d’éloigner durablement les compagnies de croisière du littoral métropolitain.
Union Maritime 06